L'observation

L’analyse de la pierre brute - sa forme naturelle, ses inclusions - permettra de décider d’une taille optimale. Le tailleur peut envisager de scinder une pierre en deux pour conserver les parties sublimes. Le marquage des plans de clivage et de l’orientation de la taille se fait à la plume et à l’encre de Chine. 

Le clivage 

Le clivage permet de supprimer les inclusions en fendant une pierre en deux ou plusieurs parties. Or rien n’est plus dur qu’un diamant, une mauvaise manipulation peut le faire voler en éclat. Son cristal comporte des plans de clivage, parallèles à une face du cristal, le long desquels les liaisons chimiques, moins fortes que dans les autres directions, orientent le clivage. Le cliveur insère une fine lame d’acier dans l’entaille du point de clivage et la fend d’un coup sec, en deux surfaces parfaitement planes, identiques à une facette polie. Ce métier exige une grande expérience et des mains sûres pour éviter des pertes colossales.

Le saviez-vous ? 

En moyenne, chaque pierre perd plus de la moitié de son poids d’origine pendant les phases de taille et de polissage. Un diamant taillé d’un carat provient d’une pierre brute de 2 carats.

Le sciage :

Lors du sciage, on partage le diamant dans d’autres directions que le plan de clivages avec un disque de métal dont le bord est enduit d'un mélange de poudre de diamant et d'huile ou au laser (certaines découpes sont  impossibles à la scie). Seul un diamant peut couper un autre diamant. Cette opération lente peut varier de 45 minutes à 8 heures de travail pour un diamant de 1 carat.

Le débrutage

Lors de cette étape, on précise les contours de la pierre en l’arrondissant avant le facettage. A l'origine, le débrutage s'effectuait à la main, en frottant deux diamants  l'un contre l'autre, montés sur des bâtons de débrutage. La dureté des pierres exigeait une force physique importante et beaucoup de patience. Aujourd'hui, cette étape est réalisée avec des machines de débrutage. Le diamant est serti sur un bâton de débrutage qui va tourner sur lui-même à environ 1700 tours/minute et se frotter sur une ou deux têtes diamantées. La forme finale est ébauchée. On récupère soigneusement les petits débris ou poudre de diamant pour la petite joaillerie (l’Inde est spécialisée dans la taille des tous petits diamants), un usage industriel ou de découpe.

Le facettage

Cette dernière étape est essentielle, la finesse de son exécution détermine la qualité d'une pierre et de sa valeur. Le diamant est facetté selon des angles précis pour qu’il réfracte la lumière de manière optimale. Une facette est obtenue en meulant le diamant sur un plateau de polissage enduit de poussière de diamant mélangée à de l'huile de lin. La grande facette du dessus est d’abord polie, puis les facettes principales de la culasse (partie inférieure de la pierre), les facettes principales de la couronne (partie supérieure). On multiplie ensuite les facettes de la culasse, puis celles de la couronne. La surface, la forme et l'angle de chacune d'entre elles doivent être précis. 

Les hauts lieux de la taille du diamant : l’Inde, Tel Aviv, Anvers et New York

Les principaux centres de taille traditionnels se trouvent à Anvers, Tel Aviv et New York qui demeurent importants en termes de valeur ajoutée. Leur expertise et leur savoir-faire de haut niveau les destinent naturellement au travail des pierres plus grosses et de qualité.

Héritière d'une tradition millénaire qui maintenait une petite activité de taille, l'Inde est devenue en quarante ans, grâce à sa main d’oeuvre bon marché, l’un des plus grand centre de taille et de polissage de diamants du monde. La production de la mine australienne géante d’Argyle a initié l’implantation de tailleries proches des centres de production, à la fin des années 1980. 

C'est au Nord de l'Inde dans l'Etat de Gujarat, que se concentrent 90 % des unités de taille, dans la seule ville de Surat. Aujourd’hui neuf diamants sur dix sont taillés en Inde, soit environ 55% du marché en valeur de diamants bruts - l’Inde est spécialisée dans les petites pierres inférieures de 0,5 carats à 1 ou 2 carats dans les centres automatiques -. La création en 1999, d’une filiale du laboratoire d’authentification Institut International de Gemmologie (IGI) doté d'un matériel complet et ultramoderne et employant 120 experts, et l’ouverture en 2012 de la Bourse de Bombay viennent compléter ce nouveau rôle de l’Inde sur le marché.

 

Les autres acteurs

Parmi les nouveaux acteurs émergents, la Chine se distingue de manière croissante, tant dans la taillerie que dans la consommation de joaillerie. Le secteur de la taille représente 20 000 à 30 000 personnes dans moins d'une centaine d'entreprises localisées dans les villes de Panyu (Guangzhou) et de Shenzhen (Shandong).La création d'une bourse à Shanghai, l'installation de deux laboratoires de gemmologie et une récente baisse des taxes sur l'importation des pierres taillées témoignent d’une volonté de rivaliser un jour avec les places traditionnelles.

La dernière évolution notable concerne l'ouverture de centres de taillerie et de polissage dans les pays producteurs notamment africains.