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Le Processus de Kimberley

Depuis quinze ans la filière mondiale du diamant est strictement contrôlée pour s’assurer notamment de l’application des engagements éthiques et sociaux établis par le Kimberley Process sous l’égide des Nations Unis et sous le contrôle permanent des ONG. Le Processus de Kimberley (www.kimberleyprocess.com) permet de garantir l’absence de diamants en provenance de régions de conflits dans toute la chaine de commercialisation.
Les origines du Processus de Kimberley datent de décembre 2000, lorsque l'Assemblée générale des Nations Unies adopte une résolution historique en faveur de la création d'un cadre de certification international pour les diamants bruts. La validation d’une réflexion impulsée quelques mois auparavant, par les pays producteurs de diamants d'Afrique australe. Tous réunis à Kimberley en Afrique du Sud, pour débattre de solutions à mettre en œuvre afin de lutter contre le commerce des «diamants de la guerre» ou « conflict diamonds ».

 

Le Système de Certification du Processus de Kimberley 

Le Système de Certification du Processus de Kimberley (SCPK), aboutit en 2003 suite aux négociations entre l’Assemblée des Nations Unies, les gouvernements, des représentants de l'industrie internationale du diamant et des organisations de la société civile. Il impose des règles de conduite strictes à chaque participant dans le but d’éradiquer les diamants de conflits. Le contrôle des flux exige l’expédition des diamants dans des conteneurs sécurisés, accompagnés d’un certificat de conformité validé par le gouvernement et garantit ainsi leur traçabilité. Les diamants certifiés ne peuvent être échangés qu’entre pays signataires. Aucun chargement de diamants bruts non traçable n’est autorisé à pénétrer ou quitter le territoire d’un pays signataire. Le non respect de ces règles engendre l’expulsion immédiate du membre.

Le Processus de Kimberley rassemble 54 participants, soit 81 pays, l'Union européenne et ses États membres comptant comme un seul participant, le Conseil Mondial du Diamant ou World Diamond Council - représentant l’industrie internationale du diamant - et des organisations de la société civile. Sa présidence est assurée à tour de rôle par chaque pays participant. L’application du SCPK est contrôlée par des visites d’examen, des échanges de rapports annuels et de statistiques réguliers.

A ce cadre international, s’ajoutent le Système de garanties du Conseil International du diamant et des institutions gouvernementales de réglementation tels que le Government Diamond Office au Royaume Uni. Aujourd’hui, environ 99,8 % de la production mondiale actuelle de diamants bruts proviennent de pays signataires du processus de Kimberley.

Une industrie qui agit pour l’environnement

Conscientes des conséquences éventuelles de leur présence, dans certaines régions très isolées où la nature est reine, les entreprises de la filière cultivent une vraie détermination à protéger l’environnement. L’exploitation des mines de diamants est une activité “verticale”, pouvant atteindre des profondeurs de mille mètres sous terre et dont l’impact sur les lieux environnants est limité, exempt de produits chimiques. 
Soucieuses de réduire leur empreinte environnementale, ces grandes entreprises réalisent des études préalables à tout projet afin de rendre les lieux à leur état originel et les font approuvées par les autorités locales. Un respect indispensable pour des entreprises comme Rio Tinto Rio Tinto, De Beers, et Dominion Diamond Corporation, autorisées à exploiter dans les Territoires du Nord Ouest Canadien et en Ontario, connus pour leurs normes environnementales les plus strictes au monde. 

En Afrique et en Australie, la préservation des ressources naturelles et la réduction des déchets sont des préoccupations essentielles qui amènent les entreprises à revoir continuellement leur fonctionnement. En Australie, la mine Argyle de Rio Tinto a réduit sa consommation de diesel de 21% et tire 92% de son énergie du centre hydroélectrique Ord Hydro.
La préservation de la biodiversité a motivé la création de réserves naturelles excédant parfois largement la surface des zones d’exploitation. Ainsi, Petra Diamonds a établi 67 000 hectares de zones écologiques en Afrique du Sud autour de ses exploitations pour préserver la faune et la flore. Le groupe De Beers entretient 170 785 hectares de réserve naturelle, soient 5 fois la taille de ses mines et pilote un projet de recherche inédit, pour lancer une exploitation carbone neutre dans moins de 5 ans. 

Une contribution économique essentielle au développement

L’industrie du diamant contribue à faire vivre plus de 10 millions de personnes de manière directe ou indirecte. Présente au Canada, en Australie, en Russie, elle joue surtout un rôle majeur dans le développement économique de nombreuses régions du monde parmi lesquels, des pays pauvres où le diamant est une ressource de premier ordre.L’exploitation d’une mine de taille moyenne est une source de création d’emplois et de formation 90% des recrutements sont réalisés dans les populations locales. 
Le Botswana était l’un des pays les plus pauvres au monde, un tiers de son PIB provient désormais de l’activité minière du diamant, 97% des emplois sont occupés par ses citoyens. On compte plus d’employés aborigènes nordistes à la Dominion Diamond que dans toute autre société des Territoires du Nord Ouest du Canada. Cette même entreprise a participé à la dynamique de l’économie locale en privilégiant les sociétés locales - dont 28% sont détenues par des aborigènes -, pour ses dépenses en biens et services (explosifs, nourritures, transports…) en 2014.
Dernièrement afin d’encourager la diversité, certaines entreprises ont favorisé l’emploi des femmes : 35% du personnel d’Alrosa et 23,8% chez De Beers sont des femmes alors que la moyenne dans l’industrie est de 16%. 

Un partenariat à long terme avec les communautés
 

L’industrie du diamant s’investit de manière durable et significative dans l’élévation du niveau de vie, de la santé et de l’éducation des communautés, en parfait accord avec les gouvernements et des ONG et dans le respect des valeurs et des cultures. Leurs actions s’organisent de manière structurelle par la construction de réseaux routiers facilitant les échanges, d’écoles, d’hôpitaux… Aucune des mines modernes actuelles n’aurait pu être construite ou fonctionner, sans le soutien des populations locales qui ont été reconnues comme des parties prenantes clés. Elles peuvent être associées à divers niveaux d’étude d’un projet, allant de celle de l’environnement à l’évaluation des ressources humaines, jusqu’à des accords de participation où ces communautés peuvent bénéficier du succès économique de l’opération. 


Au Botswana, on compte désormais 300 établissements d’enseignement secondaire alors qu’ils étaient 3 en 1966; son réseau routier est passé de 6 miles en 1966 à 7000 actuellement. Le développement de l’industrie minière du diamant a influencé globalement celui la filière. En Inde, on dénombre près d'1 000 000 tailleurs dans le seul état du Gujarat où les entreprises ont lancé des programmes de soutien pour l’éducation et la santé. Alrosa et la Yakoutie ont signé un partenariat socio-économique qui prévoit le versement annuel de 10 millions de dollars pour aider des institutions nationales dans les domaines de la santé, l’éducation et la culture.